Présentation du rapport sur la mobilité urbaine et durable  28/05/15

INTERVENTION I en Commission Trasnports du Parlement européen le 28 mai 2015

Exposé des motifs :

La mobilité n'est pas un but en soi, mais devrait être un droit pour tous les citoyens. 80 % des Européens vivront bientôt en ville; la mobilité devrait donc favoriser l'accès de tous, y compris des personnes à mobilité réduite, à l'école, au travail, à la culture, aux loisirs et à la santé. Pourtant, la mobilité urbaine est souvent vécue comme une contrainte dont la cause trouve son origine dans l'utilisation trop massive de la voiture individuelle fonctionnant avec des carburants traditionnels. De fait, le passage à des modes de transport plus durables se fait très lentement: la voiture reste le moyen essentiel de notre mobilité en assurant 43 % des kilomètres parcourus dans le monde et trois quarts des déplacements en Europe. La dépendance à la voiture et son corollaire, la congestion du trafic routier dont le coût est estimé à 80 milliards d'euros pour l'ensemble des villes européennes, fait des citadins les prisonniers d'une mobilité subie, à défaut d'être choisie. Cette dépendance frise même l'absurde dans la mesure où 50 % des déplacements en zone urbaine ne dépassent pas 5 km. L'ambition de ce rapport est par conséquent de réorienter la mobilité urbaine vers des modes de transport durables dans le but de faire face aux défis de notre siècle: la protection du climat, de la santé et de l'environnement, le bien-être et la sécurité de tous.

Il y a urgence climatique! À l'heure où la lutte contre le réchauffement climatique est un défi mondial, l'organisation de nos déplacements centrés sur la voiture empêche l'Union européenne d'y prendre toute sa part. Si certains de ses secteurs tels que l'agriculture et l'industrie ont réduit leurs émissions de gaz à effet de serre, le secteur des transports montre une augmentation de 30 % depuis 1990. À eux seuls, les transports urbains comptent pour un quart des émissions de gaz à effet de serre, principalement dû à la circulation routière.

L'inversion de cette tendance est primordiale si l'Union européenne veut atteindre les objectifs qu'elle s'est fixés en termes d'émissions à l'horizon 2030.

Il y a urgence sanitaire! Au sein du parc automobile européen, la part trop importante du diesel est une menace pour la qualité de vie, la santé et l'environnement. La qualité de l'air dans les centres urbains met ainsi directement en péril la santé de celles et ceux qui y vivent et circulent chaque jour, mais aussi de l'ensemble de la population: pendant que les grandes villes de l'Union européenne vivent au rythme des pics de pollution, chaque année environ 400 000 décès prématurés sont dus aux particules fines émises en grande partie par les moteurs diesel qui représentent plus de 55 % du parc européen. Il convient également de souligner que la consommation importante d'énergies fossiles par le transport est un poids considérable pour la facture et l'indépendance énergétiques des États membres de l'Union européenne. Il n'est plus temps d'attendre: d'après l'ONU, la pollution sera dès 2050 la première cause de mortalité au monde.

Il y a urgence pour la vie des usagers de la route! En restant centré sur la voiture, le modèle actuel de mobilité urbaine met également leur existence en danger: 38 % des décès dus aux accidents de la route surviennent en milieu urbain. Si les efforts en matière de sécurité routière doivent être poursuivis, une diversification des modes de transport en ville apparaît comme une solution indispensable à la baisse significative de ces statistiques inquiétantes.

Enfin, il y a urgence sociale! Dans le contexte de crise que connaît l'Union européenne, trop de citadins consacrent une part importante de leur temps et de leurs revenus aux transports, et certains n'y ont pas accès. Pour les premiers, cela est dû le plus souvent à la trop grande distance entre les zones résidentielles et celles où se trouvent l'emploi, mais aussi les commerces, les équipements médicaux et scolaires. Pour les seconds, c'est la conséquence de tarifs inabordables pour une partie de la population, qu'il s'agisse de personnes âgées, de handicapés ou de personnes vulnérables. 

Dans la congestion de nos espaces urbains et périurbains, une autre mobilité est non seulement possible mais encore indispensable. L'objectif est de repenser la façon de nous déplacer en ville à la fois pour ce qui est du transport des personnes et de celui des marchandises. Pour réaliser cet objectif, il est crucial que tous nos modes de déplacement soient désormais envisagés à travers le prisme du développement durable. Cela impose une recherche permanente d'équilibre entre les impacts sociaux, environnementaux et économiques des transports ainsi qu'entre la satisfaction des besoins des générations actuelles et ceux des générations futures. C'est dans cette optique que l'Organisation des Nations Unies a défini dès 1992 lors de la Conférence de Rio la mobilité durable comme "une politique de transport qui cherche à concilier l'accessibilité, le progrès économique et les objectifs écologiques dans un aspect durable".

Pour y parvenir, l'Union européenne doit se doter d'objectifs ambitieux pour que les États membres, les autorités régionales et locales parviennent ensemble à mettre en œuvre ce nouveau modèle de mobilité urbaine durable.

A la veille d'être l'hôte du Sommet Climat (COP21), l'Union européenne, les États membres et les autorités locales doivent placer l'efficacité énergétique au cœur des politiques de mobilité urbaine. Pour ce faire, la rapporteure propose à la Commission européenne de lancer au plus vite la rédaction d'un paquet législatif "Transports-Climat" associant toutes les parties prenantes et notamment les villes, afin de fixer pour les transports des objectifs contraignants de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Dès à présent, elle incite la Commission à agir auprès des États membres et des autorités locales pour encourager dans les centres urbains l'éradication du diesel en 2020, la réduction progressive des automobiles à essence

dès 2030, et leur disparition finale en 2050. Ces trois préalables indispensables doivent laisser place à un usage massif des énergies non fossiles au service de la mobilité urbaine. C'est une condition essentielle pour que l'Union européenne puisse respecter ses engagements en la matière, ainsi qu'en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Pour atteindre cet objectif, la priorité doit être donnée, dans les plans de mobilité électrique, aux modes de transports propres: tramways, téléphériques, vélos et autopartage. Il est urgent que les États membres œuvrent activement à un report modal de la route vers le fluvial et le ferroviaire, et accordent une importance particulière à l'inter-modalité, en conjuguant marche, cyclisme et transports en commun publics. En ce sens, la rapporteure propose le doublement de l'usage du vélo dans les aires urbaines à l'horizon 2025, ainsi que le doublement du maillage et de la fréquentation des transports collectifs publics à l'horizon 2030. Elle propose également l'instauration d'une journée européenne du cyclisme afin de sensibiliser un large

public à la question et d'une journée sans voiture un dimanche par semestre afin de généraliser l'expérience déjà probante dans plusieurs villes européennes où la neutralité carbone des transports a fait ses preuves.

Tous les États membres et autorités locales ne sont pas encore dotés de plans de mobilité urbaine durable. La rapporteure demande à la Commission européenne de réparer ce manque 

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