Jeunesse en mouvement!
Selon une étude de l’OCDE présentée devant les députés européens de la Commission de l’emploi et des affaires sociales le 9 novembre, la situation des jeunes européens n’est pas rose, et c’est le moins que l’on puisse dire… Le chômage des jeunes devrait ainsi atteindre 23% en 2011, et il n’y a pas d’amélioration à prévoir avant mi-2013. Mêmes les jeunes salariés sont confrontés de plus en plus à la précarité : multiplication des stages, des CDD. Un système d’orientation défaillant conduit de nombreux jeunes vers des voies de garage et alimente une sorte de « désillusion des diplômes ». Il est aujourd’hui nécessaire de reconnaitre le potentiel des jeunes et de cesser de voir la politique de la jeunesse comme une suite de « problèmes » qu’il faudrait « régler ».
La Commission européenne n’est pas insensible au problème et a lancé en septembre dernier un programme « Jeunesse en Mouvement ». L’objectif est de répondre à plusieurs objectifs fixés par l’UE pour 2020 : ramener le taux d’abandon scolaire de 15 % à 10 %, porter le pourcentage de titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur ou d’un titre équivalent de 31 % à au moins 40 % d’ici à 2020, et obtenir un taux d’emploi de 75 %. Pour parvenir à de tels objectifs, le programme regroupe plusieurs actions, telles que la création d’un « observatoire européen des postes vacants » pour renseigner les demandeurs d’emploi, ou la mise en place d’un instrument européen de micro-financement pour aider des jeunes entrepreneurs à créer une entreprise. D’autres actions pourraient voir le jour, mais il faut bien souligner le manque d’ambition de la part de ma Commission, notamment en comparaison des propositions des Verts européens.
En effet, nous suivons la question de l’emploi des jeunes avec attention. Au Parlement européen, nous avons porté un texte intitulé « Promouvoir l’accès des jeunes au marché du travail, renforcer le statut du stagiaire, du stage et de l’apprenti ». Nous avons réussi à faire passer plusieurs messages importants malgré notre situation de groupe politique minoritaire. D’une part, les Etats européens devraient placer au cœur de leur stratégie d’emploi pour les jeunes l’aspect qualitatif d’un travail décent, les normes clés en matière de travail de même que d’autres normes liées à la qualité du travail, comme le temps de travail, le salaire minimal, la sécurité sociale etc. D’autre part, le texte appelle à la création prioritaire d’emplois « verts » et d’emplois dans l’économie sociale (emplois dans les entreprises coopératives par exemple).
Concernant les stages, les Verts souhaitent qu’ils soient plus nombreux et de meilleure qualité, et demandent que l’on rédige une charte européenne de qualité en matière de stages. Nous souhaitons rester particulièrement attentifs vis-à-vis des stages sous-payés qui se révèlent en plus souvent être des emplois déguisés. Les stages ne peuvent en aucune manière se substituer à des emplois permanents et les jeunes doivent être suivis selon des objectifs éducatifs. Ces stages doivent être reconnus et donc rémunérés afin de garantir à tout étudiant une autonomie. Cette demande d’autonomie pose le débat d’une allocation d’autonomie.
Nous avons aussi demandé à la Commission et aux Etats Membres de mettre en œuvre une « garantie européenne pour la jeunesse » destinée à garantir le droit pour chaque jeune de l’UE de se voir offrir un emploi, un contrat d’apprentissage, une formation complémentaire ou un emploi combiné à une formation à l’issue d’une période de chômage maximale de 4 mois. Enfin, nous avons également demandé à la Commission d’étendre la capacité financière du Fonds social européen, d’en améliorer l’utilisation et d’affecter un minimum de 10% de ce Fonds à des projets axés sur les jeunes.








