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Le Monde. 9.3.10 A Strasbourg, Daniel Cohn-Bendit appelle les écologistes à préparer 2012

Strasbourg Envoyée spéciale

L’Alsace est devenue « terre de l’espoir » pour les écologistes. « Ce qui va se passer ici est un commencement », a même osé Jacques Fernique, tête de liste régionale d’Europe Ecologie, lundi 8 mars, lors d’un meeting national à Strasbourg. C’est en effet dans cette région que se concentrent toutes les attentes des amis de Daniel Cohn-Bendit : les sondages donnent les écologistes au coude à coude avec le Parti socialiste, leur laissant une chance de ravir la région à la droite.

C’est aussi en Alsace qu’ils ont réussi le rassemblement le plus large de la galaxie écologiste, des Verts historiques à Antoine Waechter, adepte du « ni droite ni gauche », en passant par les altermondialistes et les environnementalistes défenseurs de la biodiversité locale.

Europe Ecologie a même reçu le soutien de Corinne Lepage, vice-présidente du MoDem, venue parce que « l’Alsace est la seule région où l’écologie peut gagner ». « Nous pouvons construire une maison commune des écologistes, des démocrates et des humanistes », a-t-elle lancé, faisant fi des accusations de « déloyauté » lancées par François Bayrou, le président du MoDem.

A six jours du scrutin régional, devant les quelque 900 sympathisants rassemblés dans le Palais des congrès, l’euphorie est de mise ce lundi 8 mars. Ils sont tous venus pour répéter qu’« il se passe quelque chose, ici », les eurodéputés José Bové, Eva Joly, Sandrine Bélier, Karima Delli et Jean-Paul Besset comme les candidats régionaux aspirant à diriger la région derrière Jacques Fernique.

C’est ici que Daniel Cohn-Bendit a choisi de lancer son appel « au vote double » pour « mettre en place une coordination des politiques régionales au niveau national et préparer les échéances de 2012″.

Le député européen a répété qu’il voulait que les électeurs, en choisissant Europe Ecologie, « fassent bouger les lignes », « changent les vieilles logiques politiques » et « mettent fin à la bipolarisation de la scène politique ». Le 14 mars, explique-t-il, le bulletin de vote peut à la fois être « un vote d’opposition » à la politique de Nicolas Sarkozy et « un vote d’alternative » pour en « finir avec le statu quo » voulu par l’UMP comme le PS dans les régions.

« Nous serons le contre- pouvoir que n’ont pas su devenir les autres », a encore insisté M. Cohn-Bendit, ajoutant, pour tacler les socialistes : « Car, sinon, à quoi bon gagner toutes les régions à gauche si c’est pour continuer exactement comme avant ? »

Auparavant, les différents visages de l’écologie alsacienne étaient venus redire la nécessité d’un vote écologiste. Pour « l’harmonie du territoire », « une alimentation saine » la défense de la faune alsacienne, contre le TGV Est…, les arguments sont locaux. Antoine Waechter, président du Mouvement écologiste indépendant, au style inchangé, a repris son antienne d’une écologie « identité politique à part entière, pas une succursale de la gauche ». Ajoutant : « Dans cette élection, il n’y a pas deux pôles (l’UMP et le PS), mais trois. » « Cette soirée est magique. On la joue gagnants », a conclu M. Cohn-Bendit alors que les drapeaux verts s’agitaient dans la salle.

Reste aux leaders écologistes à convaincre qu’ils sont capables de gérer une région. Selon un sondage IFOP, réalisé du 4 au 5 mars pour Europe Ecologie auprès de 954 personnes, si 37 % leur font confiance pour « proposer des solutions innovantes », c’est au PS qu’elles font majoritairement confiance pour « bien gérer et administrer » leur région.

Sylvia Zappi

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