Colloque organisé par Gandhi International et Ekta Parishad, à Bhopal, dans l’Etat indien du Madhya Pradesh, du 30 janvier au 3 février 2010
« Vers une économie non-violente »
Colloque organisé par Gandhi International et Ekta Parishad, à Bhopal, dans l’Etat indien du Madhya Pradesh, du 30 janvier au 3 février 2010:
Idées-clés pour le colloque.
1ière journée : Satisfaire les vrais besoins individuels et collectifs.
Le Swaraj gandhien est un objectif d’autonomie politique (ne pas être soumis à une puissance étrangère, à un tyran interne, etc.) et d’autonomie économique (ne pas être du tout dépendant d’autrui dans la satisfaction des besoins de base, ou ne pas l’être trop …)
Nourriture : l’alimentation est le besoin de base, l’agriculture est la condition de toutes les autres activités. Elle doit être saine, respectueuse de la nature, des plantes, des animaux, des cycles naturels.
Le travail manuel et artisanal est un autre moyen de retrouver du pouvoir sur sa propre vie. Il est aussi noble et aussi utile, et même plus, que le travail intellectuel. Il contribue à l’équilibre corps – intellect – sensibilité. Il doit être proposé à tous, et pas seulement aux travailleurs manuels ou aux personnes victimes de handicaps.
Dans le domaine de la production, il faut viser des biens utiles, simples d’usage, durables, éviter le gaspillage.
Le désir humain est illimité. S’il est dans l’ordre de l’être, il peut être satisfait par l’échange, la rencontre, la création, la culture, la spiritualité. S’il est dans l’ordre de l’avoir, il génère mimétisme, frustration, rivalités et guerres.
L’entreprise doit satisfaire les besoins sans faire croître artificiellement les désirs de possession.
Changer d’économie implique donc de changer d’éducation et de culture, de passer à une culture de la non-violence,
Critères d’une économie non-violente au service des vrais besoins humains :
Est-ce qu’elle répond aux besoins essentiels, physiques, psychologiques, et spirituels des personnes et des groupes (selon la classification des besoins selon Maslow, par exemple) ?
Est-ce une économie au service l’homme, ou une économie qui exploite l’homme ?
2ième journée : Décentraliser et relocaliser l’activité économique
Créer, inventer sa vie. Le « Swadeshi » gandhien correspond à l’« affranchissement », au développement de la personne humaine, à sa paix intérieure.
Volonté maladive de possession, volonté de puissance et de domination sur les autres, ce sont des dysfonctionnements de la personne et de la société (colonisations, guerres)
S’approprier sa propre vie et la vivre avec d’autres, reconnaître la dépendance aux autres, savoir être débiteur, tout cela a des traductions sur l’organisation de la société, et en particulier de l’économie.
Mettre la machine au service de l’homme, revenir sur la mécanisation systématique, l’automation, la grande industrie taylorienne, donner du travail à tous, décloisonner le travail manuel et le travail intellectuel, ce sont des priorités affirmées non seulement par Gandhi, mais par Annah Arendt, Georges Bernanos, Jacques Ellul, Ivan Illich.
Favoriser les circuits courts pour économiser l’énergie et limiter le pouvoir et la nuisance des intermédiaires (courtiers, etc)
La fin du pétrole nous obligera de toute façon à des changements douloureux, mais salutaires.
Critères d’une économie non-violente décentralisée et relocalisée :
Est-ce qu’elle contribue au développement complet des personnes ?
Est-ce que le plus pauvre, démuni, dépendant, handicapé, y trouve une place ?
Est-ce qu’elle évite le gaspillage ?
3ième journée : Soumettre l’économie à l’éthique du bien commun
Le Trusteeship gandien peut-être rapproché du bien commun selon Thomas d’Aquin,
On trouve la même quête dans des expériences historiques limitées, chez les socialistes utopistes et dans les communautés gandhiennes de l’Arche.
Traduction de cette éthique dans la doctrine sociale chrétienne : « Satisfaire aux besoins d’une honnête subsistance et élever les hommes à ce degré d’aisance et de culture qui ne met pas obstacle à la vertu, mais en facilite au contraire l’exercice »
Les critères d’une économie non-violente soumise à des principes éthiques :
A-t-elle pour objectif permanent l’éradication de la misère ?
Combat-elle la concentration du pouvoir, les écarts excessifs de revenus ?
Est-ce que le politique (le vivre ensemble, la gestion de la cité avec une vision de long terme) contrôle et oriente l’économique (la production, la consommation, la distribution, la répartition ?)
La finance (épargne, crédit) est-elle au service de l’économie, de l’initiative, de la création, ou gangrène-t-elle l’économie (spéculation, paradis fiscaux) ?
L’économie favorise-t-elle la stimulation créatrice ou la compétition ravageuse (sachant que la frontière entre les deux n’est pas toujours simple à délimiter)
Est-ce qu’elle apporte de l’harmonie, de la joie, du bonheur de vivre ?
Est-ce que la quête du sens (ou intériorité, ou spiritualité) se traduit aussi en choix politiques et économiques ?
En conclusion :
Il faut de la constance dans l’erreur pour privilégier une économie basée sur la course infinie à l’argent et aux biens matériels, la spéculation, la domination, la prédation.
Drame d’une « civilisation » occidentale de l’homo scientificus economicus, ivre de puissance et de jouissance, qui exclut les deux tiers de l’humanité, méprise la Terre-mère, ignore la souffrance infligée aux humains et aux animaux, est aveugle sur ses propres injustices et plus encore, sur son caractère suicidaire.
Elle est pourtant devenue un modèle pour tant de pays « pauvres « », parce qu’elle ne s’est pas encore effondrée suffisamment bas, mais nous y arrivons …
1er jour: 30 janvier 2010:
Inauguration
De 9h à 19h:
Introduction de Christophe Grigri (Gandhi International):
« Bienvenue et merci aux délégués qui viennent de partout. Mention spécial aux délégués venant d’Amérique Latine. Trois jours de présentation le matin et d’ateliers l’après-midi ».
Un membre d’Ekta Parishad invite Subba Rao à venir sur scène. Invitation du leader communautaire de Mexico, du leader du Soudan. Activistes d’Ekta Parishad invités à chanter Jai Jaghat.
Subba Rao: Il parle de Gandhi et de l’Histoire de l’indépendance. Sur le sens de « Jaghat »= « le monde »
Jai Jagat Pukaare Jaa: un chant gandhien, contre les violences créées par les divisions, de religion, de nationalité, etc. a été chanté par l’ensemble de l’assistance, même le consul de France, et le responsable de l’Alliance Française à Bhopal.
Présentation des différents leaders d’Ekta Parishad dans différentes communautés de l’Inde. Sur six personnes, quatre femmes et deux hommes.
Intervention de Jill Evans (femme de Rajagopal): beaucoup de gens à Bhopal venant de partout. Elle va appeler tout le monde: fort mouvement non violent de Sebastian Perez Vasquez (en provenance du Mexique) après le massacre de dizaines de personnes par l’armée mexicaine dans son village.
Trois délégués du Népal: membre de SAPA (voir feuille distribuée). Tous les délégués reçoivent un drap d’Ekta Parishad qui invoque la marche de 2012.
Puis le programme peut commencer:
Tout d’abord, par une cérémonie d’hommage à Gandhi. Chaque orateur allumant une bougie.
Yves Berthelot (photo ci-dessous): « Ekta Parishad était au Sénégal il y a 7 ans. Rencontre alors avec Rajagopal. Il est possible de penser un autre modèle économique. Je suis content d’être ici aujourd’hui et de voir des universitaires, des représentants de la société civile, des officiels, etc. Content qu’ils soient tous là pour parler d’une activité non aisée, l’économie non violente. Espérons que certains changent leur attitude après cette conférence. Ceux qui se battent pour leurs droits sociaux et économiques. Tous les gouvernements du monde également font face à la violence et à la torture. Beaucoup de gens sont expulsés de chez eux pour raison économique. Lorsqu’ils se révoltent, souvent ils sont arrêtés, voir torturés ou tués. Nous sommes tous ici pour entendre et apprendre des autres. Le dialogue entre des gens si différents n’est pas facile, mais enrichit chacun d’entre nous. »
Light Aganwa (en provenance du Soudan, premier en partant de la gauche): « Thème de cette conférence très intéressant. En Afrique, nous n’avons pas d’économie stable, mais nous avons de l’économie violente. C’est le cas au Soudan, au Nigéria également. Question centrale de l’éducation. Au Soudan, nous nous haïssons et nous créons une économie violente. »
Sebastian Perez Vasquez: il parle une dizaine de minute, en Espagnol, de sa lutte contre notamment l’armée mexicaine qui a perpétré des massacres dans son village. Il montre ensuite des livres et une cassette audio sur la lutte des paysans au Chiapas.
Shyambai Baiga: leader communautaire de Maikaal hills, collines indiennes abritant une communauté tribale menacée d’expulsion par le gouvernement indien.
Aye-Aye Win: membre de Dignity international, en provenance de Birmanie: « La Birmanie est indépendante depuis 60 ans, comme l’Inde. Similitude entre les deux pays. Sauf qu’aujourd’hui l’Inde est une grande puissance économique. En Birmanie, dictature des militaires qui s’impose. Vous avez le Mahatma Gandhi, nous avons Aung San Su Kii, symbole de la démocratie. Je suis fier de mon peuple et de ma culture, mais j’ai honte de mon régime. La solidarité internationale existe, on l’a vu pour le tsunami par exemple. Donc solidarité pour la Birmanie. Notre système gouvernemental est terriblement violent. Si on regarde le FSM, il y a de l’espoir. A Davos chaque année, le système économique se réunit. Ce système doit cesser et un autre monde est possible, c’est le message des FSM. Cette conférence offre une vision claire: l’économie non-violente ».
Louis Campana (Président de l’association française Gandhi International): « Si une once d’humilité existait chez les leaders de ce monde, nous devrions entendre ces derniers mois: « ce modèle économique est voué à l’échec, nous nous sommes trompés« . Mais pas du tout, on nous parle de crise passagère avant de reprendre comme avant. 4 milliards d’humains voués à la misère. Crise écologique, fléaux climatiques, etc. On nous présente tous ces maux au mieux comme de petites erreurs. Je vous propose les interrogations de Gandhi. Il disait: « je ne suis qu’un homme qui cherche la vérité« . « Si le plus petit n’est pas inclut dans le système économique, c’est que le système n’est pas bon« . Ce système est en train de s’effondrer, mais en s’effondrant il laisse derrière lui des déserts, désert spirituel notamment. Pourquoi les peuples anciens étaient restés à l’écart du développement économique? Et bien parce qu’ils privilégiaient la cohésion sociale à la course matérielle. Si l’économie non-violente, c’était l’autonomie de chacun tout en maintenant comme objectif constant l’intérêt commun: René Dumont, Jacques Ellul, Attac, etc. Penser globalement, agir localement. Le pensé global, c’est la prise en compte conjointe de l’aspect économique, social et écologique. En 1909, Gandhi avait plaidé dans un texte l’autonomie de l’Inde pour qu’elle retrouve sa fierté. Le swaraj, c’est l’indépendance économique et l’affranchissement de tous les systèmes qui lient les hommes, addiction à un gouvernement, à un système économique, à une drogue, etc. Le swadeji, c’est la reprise en main de son autonomie intérieure. Tout le monde peut y accéder, à condition d’avoir le minimum. Aujourd’hui tout se privatise. Quand la Chine ou l’Inde font accéder des classes moyennes à la consommation, plus du double sont privés du minimum. Principe des vases communicants. Le jour où Gandhi abandonna son costume occidental pour l’habit du peuple, il découvrit la joie et la vérité, dixit lui-même. Nous sommes aujourd’hui à Bhopal, une des villes les plus anciennes de l’Inde. Depuis 1984 il est le symbole de la destruction industrielle, avec un site toujours pollué. C’est également le siège d’Ekta Parishad, syndicat de paysans sans terres qui propose en 2012 une marche internationale non violente. Bon colloque!
Intervention du chief minister du Maddhya Pradesh: M. Shiv Raj Singh Chauhan:
Longue intervention sur les combats de Gandhi alors que l’on célèbre aujourd’hui l’anniversaire de sa mort.
Intervention de François Pujolas (consul de France à Bombay, photo) sur la nécessité pour les diplomates de prendre en compte de plus en plus pas uniquement le point de vue des businessmen, mais également celui de la société civile et des mouvements sociaux.
Réintervention de Subba Rao (photo ci-dessous): Il revient sur le souvenir de Gandhi: Alors qu’il était à l’aéroport de NY, il y a trouvé un portrait de Gandhi, ce qui lui fait dire que ses valeurs de Gandhi continue à se diffuser. Il rappelle également les débuts d’avocat de Gandhi en Afrique du sud, sa volonté de résister, de lutter contre les injustices. Alors qu’il trouvait lui même insuffisante sa force physique, il soulignait que la force morale est supérieure à la force physique. La force spirituelle est telle, qu’ »un homme peut tout changer« . Gandhi était convaincu que la non violence permettrait d’écrire un chapitre de l’histoire, celui de l’indépendance. Pour lui c’est la spiritualité qui permet de transformer les hommes, et c’est ce qui la rend importante pour l’humanité, et non pas les biens matériels. Pour cette raison il a laissé cravate et costards, et a choisi de ne porter que le dhoti. Il faut rechercher cette puissance divine dans chaque être humain. Lors d’une rencontre avec un archevêque, ce dernier lui fait remarquer que Jésus à dit « aimez vos ennemis« . Gandhi lui a répondu qu’il n’a pas le même discours, car il ne s’agit pas d’aimer ses ennemis, le Mahatma a répondu qu’il n’avait pas d’ennemis, qu’il se battait contre un système. Il termine sur le message: « nous sommes tous une famille« .
2e jour: 31 janvier 2010:
Satisfaire les vrais besoins individuels et collectifs (« Swaraj »):
De 9h à 19h:
Radja J. et Louis Campana, allume la bougie de Gandhi. Car comme l’a dit Gandhi, allumer une bougie pour allumer le monde.
Intervention d’une porte-parole de communauté. En Hindi.
Intervention d’un membre du conseil national d’Ekta Parishad. Parle de l’indépendance, et des sacrifices consentis pour y arriver.
Professeur Jane, professeur de science économique et sociale, université. (texte distribué). La manifestation la plus violente, c’est l’extinction de milliers d’espèces, le professeur insiste sur la disparition d’espèces d’oiseaux. Ils ont disparu très récemment, depuis les années 80 et surtout depuis les années 2000. En l’espace de trois ans, tout à disparu. La deuxième manifestation violente, c’est envers l’être humain. Tout change, la manière de s’habiller, la nourriture : certains fruits et légume qu’il avait l’habitude de manger dans sa jeunesse ont disparu. Une autre violence, si les oiseaux disparaissent, les émissions télé elles se multiplient, en ne parlant pas de ces disparitions. Peu de conscience de ces changements qui se passent dans la nature. On nous dit qu’il faut supporter ces violences pour avoir le progrès. Il faut se méfier de ce qu’on nous présente sous forme de confort. Perte énorme de diversité de produit, même si augmentation de la production. Quel est le mécanisme derrière ce processus. Pourquoi une telle disparition de la diversité ? Au nom de la « démocratie », le processus de transformation moderne crée de la pollution, et les forces du marché ne sont pas justes. Des forces externes sont imposées aux humains et la nature, obligent à la migration, n’assurent pas la liberté, mais la perte de contrôle sur la vie. L’homme devient esclave de ces forces, de la violence qui nous entoure. Comment quitter cette situation violente? Gandhi
Aye Aye Win (Dignity International): Avec l’activité économique, des paysans se retrouvent sans terre. Et une grande partie de la population indienne se retrouve dans les villes dans des conditions déplorables. D’énormes problèmes de surpopulation, sanitaires, etc. Mais pas seulement, il y également un problème de justice. Comme Lagos au Nigéria où on retrouve un golf à coté d’un bidonville de 300 000 personnes. De plus, les femmes représentent 70% des pauvres du monde. Double discrimination. Notre modèle économique emprisonne l’âme. Laisse sans aide, sans défense. Culture de développement qui rend malade. Mais il est possible de transformer ces structures oppressives. Il faut penser un nouveau cadre économique, qui doit être basé sur la justice, rendre le pouvoir au peuple. Il faut redonner du respect aux droits de l’homme, qui permet aux hommes et femmes en position de faiblesse de devenir plus forts. Il faut rendre l’autorité morale des droits de l’homme. A titre individuel nous pouvons agir, au niveau domestique, au niveau de la production: par exemple l’autosuffisance durable. Avec un peu d’effort nous pouvons subvenir à nos besoins de manière durable. A coté du développement économique de la mondialisation, il faut organiser notre mode de vie pour une alternative durable. On n’a pas besoin d’argent pour vivre, on peut fonctionner par l’échange, le troc.
Dr Arjun Krishnarathe, Sri Lanka: Pb de souffle, s’est fait remplacé. Problèmes au Sri Lanka. Présentation Powerpoint. Actions au Sri Lanka auprès de 15000 communautés. Première approche: organiser des camps éducatifs pour étendre la satisfaction des besoins vitaux dans des centaines de villages. Satisfaction des besoins humains. Donations d’argent et de matériel par des volontaires. Sardovaya Economic Enterprise: programmes de micro finance dans environ 5000 villages. Gandhi: le cercle économique du pouvoir du peuple: 15000 communautés, 3000 Grama swaraj
Cf www.sarvodaya.org
Lilian Alfonso: Coordinatrice d’un groupe de femmes agricultrices du Paraguay: « Comment donner la priorité à une agriculture durable et de subsistance? » Présentation Powerpoint avec carte du Paraguay. Pouvoir au Paraguay progressif aujourd’hui après une longue période de dictature. Tendances depuis les années 90: plus de consommation, extension urbaine, etc. Modèle de développement paraguayen: perte de la biodiversité, 90% de l’agriculture aux mains de multinationales, monocultures, déforestation, pollution des sources d’eau, moins d’animaux, impacts sur la santé, etc. Associations de femmes agricultrices. Pratiques communautaires des femmes pour protester contre les multinationales. Petites fermes avec production locale pour les femmes les rendant indépendantes: plantation de maïs, de manioc. Elevage de porcs et de vaches, production de lait, plantations de tomates. La femme travaille accompagnée de sa famille, ainsi la communauté sert également à souder la famille. La majeure partie de la production est pour l’autosuffisance mais une autre partie est commercialisée. Séminaires organisés sur les droits humains, sur la résolution non-violente des conflits, etc.
Bernard Dangeard (photo ci-dessous), pour la Communauté de l’Arche, fondée par Lanzla Del Vasto en 1936: « Je fais partie de l’Arche depuis 35 ans. Chemin de plus grande simplicité après des études supérieures d’ingénieur et quelques mois dans l’industrie. » Agriculteur parlant de son expérience personnelle. Il veut transmettre son expérience personnelle. Le choix du travail manuel est extraordinaire dans le sens où il limite le gigantisme. Cela ne se limite pas au prolongement du bras par un outil. Peut-on imposer un tel cadre? A l’évidence bien sûr que non puisque ce serait renoncer à la démocratie. Il faut au contraire une démarche volontaire. C’est le but de ce colloque de mettre en réseau des pratiques pour s’appliquer d’abord à soi-même l’autolimitation. Observations en France et au Brésil qui montrent que cela ne suffit pas. Il ne suffit pas de donner de la terre. « J’invite tous ceux de l’élite à pratiquer un travail manuel« . Mais cela n’est pas suffisant. Tout d’abord il n’est pas pertinent d’opposer travail manuel et intellectuel. 1er point: organisation de la vie sociale: comment fonctionnent les structures de pouvoir? Comment se régulent les conflits? Renouvellement des structures de pouvoir. Transmission dans le temps de génération en génération. Faut-il que la terre soit en location, en propriété collective ou individuelle? Marqué personnellement par un échec après 25 ans de vie communautaire. Cela a capoté pour des raisons d’organisation sociale et non économiques. Cela touche à la dimension spirituelle. Ce qui demande une certaine frugalité doit être vécu ensemble. « Je ne veux pas idéaliser les modes de vie traditionnels ».
Dominique Hays, directeur Le Chênelet, dans le Nord Pas-de-Calais: « Aventure qui a commencé il ya 25 ans. Elle n’était pas considérée jusqu’à aujourd’hui comme non-violente. Mon organisation répond à un certain nombre de faits violents: dans les familles, dans le mal être, suite au mal logement, à la violence des administrations qui vous considèrent comme un simple consommateur de dispositifs sociaux. Dans le monde du travail, suicides, en Inde ou en France. La plus grande des violences est de ne plus maîtriser aucun choix. Nous nous ne faisons pas partie des gens qui accusent les entreprises. Nous les invitons plutôt à se libérer de leur propre esclavage. Certains cadres d’entreprises nous ont rejoints, à la recherche de sens dans leur activité. Nos principes sont ici présents. D’abord l’estime de soi. Relocalisation écologique. Le pétrole ne nous permettra plus d’aller chercher des produits trop loin. 2000 personnes formées depuis 1986. Le Chênelet, 36 employés, 6 encadrants. Jardins d’insertion. Importance d’habiter dans un logement de qualité, enjeu social majeur. Fossé entre les riches et les pauvres en matière de qualité alimentaire. Les produits de bonne qualité sont de plus en plus chers. « On est ce qu’on mange« . Nous finissons de rédiger un traité sur le jardinage pour les personnes dans le besoin. Expériences de nos amis d’Amérique du Sud fondamentales en la matière. Powerpoint de présentation de leurs multiples activités.
Amitabh Behar: Global Campaign against poverty: je fais partie de la génération qui a connu des catastrophes comme la destruction de la mosquée, mais également celle des espoirs des forums sociaux. Je voudrais parler des contradictions entre l’activité économique et l’équilibre social. La question de l’équité n’est pas au coeur du marché. Comment baser l’activité économique sur l’équité sociale et l’inclusion sociale. Mon expérience est limitée mais je représente la société civile. Nous essayons d’intégrer les pauvres et les marginaux dans l’activité économique. Groupes d’autosuffisance importants que l’on promeut. Idée des coopératives. Grands succès des coopératives en Inde. Comment construire de la cohésion sociale? A travers des politiques de transformation sociale. Idées des mouvements féministes, idées du développement durable pour construire cette cohésion.
Ateliers l’après-midi:
Atelier 1: Identifier les besoins humains et les façons de les accomplir/ assurer l’autosuffisance des villages, des régions et du pays pour remplir les besoins vitaux. Dr B.B. Mishra (AWARD-Delhi)/Shisir Khanal (Sarvodaya-Népal)
Atelier 2: Prioriser l’agriculture biologique comme base d’une économie viable/ Réassurer la valeur du travail manuel et de l’artisanat/ assurer la durabilité dela production et de la consommation des biens. D.K. Giri (Schumacher Foundation-Delhi)/ Jean-Pierre Dardaud (JINOV-France)
Atelier 3: développer la cohésion sociale et le combat contre l’exclusion à travers l’activité économique. Mrs Putul (militante syndicale du Bihar)
Atelier 4: Comment survivre économiquement en temps de guerre et d’occupation étrangère. Dr Amit Kumar (Kumarappa Institute-Delhi).
3e jour: 1er février 2010
Décentraliser et relocaliser l’activité économique:
Emmanuel Faber (directeur général associé de Danone France): Danone produisant des millions de yaourts chaque année. Essence de l’équilibre des échanges pour un bénéfice mutuel entre chaque partie. Je suis convaincu que c’est l’équilibre des parties qui assurera un échange équitable. Si l’on regarde différentes communautés, la question est quelles sont les priorités pour qu’elles aient conscience de la façon dont elles veulent vivre. Nous parlons juste de régulation. Danone a beaucoup de compagnies. Le point est que le problème des tailles des compagnies dans les échanges doit être résolu. Construire au sein des sociétés la prise de conscience des entreprises que l’on souhaite. Je suis d’accord que les gens doivent renforcer leur position face aux multinationales. Le rôle d’une compagnie est de créer de la valeur. On fait du business que parce qu’il va créer de la valeur sociale au sein d’une société. Plus de stakeholders que de shareholders. Les compagnies créent de l’argent que finira par servir à nos enfants. Nos ouvriers fabriquent leur maison et on plus d’impact sur le progrès que nos actionnaires. Le second aspect de la gouvernance pour les multinationales: nous croyons que le temps c’est de l’argent. Donc on doit décider vite. Les actionnaires votent, mais ce qui entoure les multinationales, les actionnaires ne peuvent voter pour cela. La conscience de ce que l’on construit nécessite plus de temps. Processus de la sociocratie nécessaire. On ne peut espérer des multinationales qu’elles restent petites.
Mr Ramapathy (Greenpeace – India): Présente le système en Inde, face au changement climatique. Contexte énergétique de l’Inde: chute d’électricité, pénurie. Surtout dans les villages, peu d’alimentation électrique. Le gouvernement investi de plus en plus pour satisfaire les besoins de l’industrie, mais pas tout les besoins satisfait. Energie fait par des centrales électrique: hydraulique, énergie fossile, (58% de l’énergie fourni par les centrale électrique). Bientôt l’Inde sera un grand émetteur de CO2. Mais l’Inde est un pays en développement, et jusqu’à présente, 50% de la population n’a pas accès au réseau électrique. Le ministère de l’énergie pense que les structures énergétique sont insuffisant, importation importante. Aucune sécurité, ni accès aux ressources énergétiques. C’est pourquoi il faut le développement d’alternatives énergétiques. Injustice énergétique: 40% de la population n’a pas accès du tout à l’énergie, alors que l’industrie fait l’objet d’effort important de la part du gouvernement. Ce sont les riches qui sont responsables de ces émissions. Comment faire pour aider les pauvres? L’investissement accroit. C’est l’Inde de l’Est qui fournit les ressources énergétiques, mais ce n’est pas eux qui en profitent. Les ressources sont détournées au profit d’autre zone de l’Inde. Injustice. Nous avons créé un programme spécial, de développement durable, qui n’a pas marché. Dans les zones rurale, l’électricité est à basse pression, marche seulement la nuit. Dans les régions rurales, seul 17% des foyers reçoivent l’électricité, alors qu’ils en ont aussi besoin pour exercer leur métier, et leur subsistance, leur existence. La situation est mauvaise, l’objectif de 100% de la population ayant de l’électricité est impossible, car les industries sont en développement, et récupèrent les investissements. D’autant plus qu’elles polluent énormément. Récemment, le gouvernement a introduit des lampes consommant moins d’électricité (ferait -27% de pollution). Volonté de faire des économies d’énergie, et si on continue au rythme actuel, l’Inde sera dépendante des ressources énergétiques et de l’apport des autres pays. Il faut donner une impulsion à l’énergie solaire. Notamment dans les zones rurales. Mais le gouvernement préfère dénoncer les industries utilisant des énergies sales.
Ateliers l’après-midi:
Atelier 1: Mettre la machine au service de l’homme et faire en sorte qu’elle ne l’asservisse pas. Eviter la production de masse. Chercher des alternatives à l’industrie lourde.
Atelier 2:Inverser l’exode rural, supprimer les bidonvilles et les quartiers défavorisés et encourager le retour à la campagne
Atelier 3: Favoriser les circuits courts, donner priorité à la production par petites unités et protéger les structures existantes de micro-économie.
Atelier 4: Anticiper et faire face à la fin des ressources pétrolières.
Nous partons avec une équipe restreinte sur le site de la catastrophe industrielle de Bhopal (photos ci-dessous), situé à environ dix km du lieu de la conférence:
Nous ne pouvons pas entrer dans l’enceinte, mais nous y retournons le lendemain et pouvons cette fois visiter les lieux:
3e jour: 2 février 2010
Soumettre l’activité économique à l’éthique du bien commun (« Trusteeship »)
Yves Berthelot: « Des millions de personnes souffrent de la faim. Le système actuel augmente le désir. Important de ce mobilisé ensemble, il faut se rassembler. Nous devons nous organiser, pour savoir ce que la communauté a besoin, pour savoir ce qu’il faut pour nous. Il faut discuter. La discussion est importante pour connaître toute les opinions. C’est possible d’être différent l’un de l’autre et de travailler pour un bien commun. Les Etats-Unis ne prennent pas des décisions en fonction des besoins de la société, comme dans beaucoup d’autres pays. Ce que je veux dire c’est qu’il n’y a pas de liste des choses de ce que l’on a à faire. Nourriture pour tout le monde, etc. On ne peut pas lister que les besoins naturels, il n’y a pas que ça. Ce qui compte c’est le développement de tous « de tout l’homme et de tous les hommes ». »
Karima Delli:
Avant toute chose, je voudrais vous remercier de m’avoir invitée et vous dire que c’est pour moi un honneur d’être parmi vous aujourd’hui. Je tiens à commencer ma réflexion par une phrase du Mahatma Gandhi : « il y a assez de biens dans le monde pour les besoins de tous, mais pas assez pour l’avidité de chacun. » Cette avidité dont parle Gandhi, où la trouve-t on aujourd’hui?
Il faut bien voir tout d’abord que la majeure partie de la population de la planète souffre aujourd’hui de LA CRISE, une crise globale (écologique, sociale, économique et financière et alimentaire): les charrettes de licenciements, le chômage de masse et l’insécurité sociale traumatisent des régions entières un peu partout. En de multiples endroits comme dans de nombreux pays du Sud, l’exode rural pousse vers les grands centres urbains des millions de personnes qui viennent grossir les bidonvilles et se retrouvent à vivre dans des conditions indignes et dégradantes, sans parler de la dégradation environnementale que cela entraîne. En matière de biodiversité, alors que cette année 2010 a été déclarée « année de la biodiversité », on assiste impuissant à ce que certains spécialistes nomment déjà la sixième grande extinction des espèces. En matière de biodiversité, nous sommes très loin de remplir les objectifs qui avaient été fixés aux niveaux national et international.
Quant au réchauffement climatique, on peut sans risque qualifier d’échec la grande conférence internationale de Copenhague qui vient de se dérouler en décembre dernier pour se clore sur l’absence d’un accord global chiffré et contraignant. Mais attention, un échec pour les dirigeants des grands Etats de la planète, certainement pas pour le mouvement social et la société civile qui ont su se mobiliser et permettre une prise de conscience globale et inconnue jusqu’alors de la nécessité d’agir contre le réchauffement climatique.
Si l’on cherche à observer l’ensemble de la crise afin de repérer ce qui la rend systémique et ce qui est commun aussi bien à la crise écologique, qu’à la crise sociale ou à la crise financière, une caractéristique commune est observable et peut être résumée par un mot: inégalités. Les inégalités se creusent et les écarts de richesse explosent.
Le programme des Nations unies pour le développement (PNUD) avait par exemple souligné que trois personnes au monde avaient réussi à gagner le revenu cumulé des 48 pays les plus pauvres et que 225 personnes avaient l’équivalent du revenu de 2 milliards et demi d’êtres humains. Ces 2 milliards et demi d’êtres humains vivent eux avec 1 ou 2 dollars par jour. Ce sont les « exclus » du système! Ce système néolibéral actuel considère qu’ils n’ont aucune utilité, ils ne sont pas assez rentables,
Dans cette logique, tout est marchandise, même les hommes. Et à l’autre bout de la chaîne, quelle utilité ont ces milliardaires en dollars qui accumulent une grande partie des richesses produites?
Bernard Liétaer, ancien responsable de la banque centrale de Belgique, a mis en évidence que sur les 3 200 milliards de dollars qui s’échangent chaque jour sur les marchés financiers, seulement 2,7 % correspondent à des biens et des services effectifs, donc à de l’économie réelle. Le reste n’est donc que spéculation. Alors à quoi servent-ils tous ces accumulateurs de profits, notamment les 225 personnes dont je parlais?
C’est ici que l’on touche au cœur du sujet et à cette « avidité » dont parle Gandhi: oui il y a suffisamment de ressources sur cette planète pour l’ensemble des êtres humains, mais non il n’y en a pas assez pour satisfaire le besoin d’accumuler de quelques-uns.
Nous sommes tous d’accord ici sur le constat: c’est la crise, la planète souffre, les inégalités explosent et on ne va pas pouvoir continuer éternellement sur cette voie de la croissance à tout prix et du profit à court terme. Mais est-on d’accord sur les solutions à mettre en œuvre pour tenter d’enrayer ce phénomène?
Lorsque certains se retrouvent avec des avoirs colossaux, ces personnes n’ont même plus la possibilité de les recycler dans l’économie réelle. Le résultat, c’est l’économie spéculative qui tourne en boucle sur elle-même, et on assiste alors à un phénomène d’hyper-inflation, hyper-inflation qui aggrave d’autant les conditions de vie des plus démunis. Pour faire simple, les riches provoquent des crises payées par les pauvres.
C’est ce qui s’est passé dans la crise des subprimes aux Etats-Unis, due tout autant à la spéculation immobilière qu’au développement du crédit à la consommation totalement détaché du revenu réel des ménages américains. D’autant que leurs salaires n’augmentent plus, voire baissent, toujours parce que certains riches, les actionnaires des grands groupes, pour avoir un taux de croissance des dividendes à deux chiffres, demandent à ce que les entreprises rognent sur tout, et principalement la masse salariale.
La démesure est donc au cœur de la crise systémique que nous traversons, et nous sommes bien loin d’en avoir tiré toutes les conséquences. On le voit avec les histoires de bonus des traders qui repartent de plus belle, et l’hypocrisie des réponses du G20.
Si l’on regarde l’Inde maintenant, selon les statistiques officielles de la Banque mondiale, qui prend en compte les personnes vivant avec moins de 1 dollar par jour, 390 millions de personnes sont pauvres en Inde aujourd’hui. Il y a par exemple des milliers de paysans indiens qui, étranglés par les dettes, sont acculés au suicide. L’Etat du Maharastra a recensé près de 4100 morts volontaires en 2004, cinq fois plus que dans les années 1990. Depuis 2002, un paysan indien se suicide toutes les trente minutes dans le pays. En dix ans, nous en sommes à quelques 100 000 agriculteurs qui se sont suicidés.
A l’autre bout de la chaîne, sans même parler de Mittal qui fait parti du gratin des milliardaires les plus riches de la planète, environ un million d’ingénieurs indiens ont un revenu égal ou supérieur à 25 000 dollars annuels. Le nombre de millionnaires en dollars augmente dans toutes les grandes villes, pas seulement à New-York, Paris, Londres ou Tokyo, mais aussi à Bombay, Delhi, Bangalore, Calcutta…
Mais ces inégalités ne sont pas seulement immorales, elles sont dangereuses pour la planète et pour l’environnement.
J’en viens à parler de mon ami Hervé Kempf, spécialiste sur l’environnement, qui a publié en 2007 un livre absolument génial: « Comment les riches détruisent la planète ».
Il part d’un économiste suédois de la fin du 19e siècle, malheureusement oublié aujourd’hui, Thorstein Veblen, qui décrit le moteur de l’économie comme n’étant pas la loi de l’offre et de la demande mais plutôt le phénomène d’ostentation: « Je veux ce que mon voisin a de mieux que moi et que je n’ai pas. Et je veux voir l’envie dans l’œil de mon voisin moins pourvu que moi. »
A partir de là se déclinent toutes les modes de consommation, bien plus basés sur l’envie et l’ostentation que sur les besoins, à partir du moment où bien entendu les besoins vitaux de nourriture et de logement sont remplis. « Les plus riches ne s’offrent plus seulement le dernier ordinateur ou le nouveau téléphone portable hi-tech, mais multiplient les yachts, les jets privés, les maisons de campagne? Alors, je veux la même chose car c’est un gage de réussite sociale ». Et l’homme est toujours à la recherche de l’admiration de ses contemporains. Partant de ce raisonnement, Kempf en conclut que ce sont d’abord les riches qui détruisent la planète, car ils imposent, bien souvent contre leur gré d’ailleurs, leur logique de consommation à outrance, au-delà des limites fixées par la biosphère.
Faut-il donc continuer ainsi à laisser s’enfoncer dans l’indécence et les comportements anti-écologiques toute une classe sociale à la dérive? Si ces personnes se montrent incapables de s’autolimiter, n’ayons pas peur des mots, et taxons-les!
Il s’agit d’opérer une « révolution culturelle » consistant à ridiculiser le mode de vie des plus riches de nos contemporains pour éviter que les autres classes sociales soient tentées, dès qu’elles accèdent à un petit pécule, de les imiter. Ceci est finalement très gandhien: s’autolimiter le plus possible et étendre son message par l’exemplarité. Or comme la majeure partie de nos riches d’aujourd’hui n’en ont nullement l’intention, il faut réhabiliter l’impôt et les taxer.
C’est le message que nous avons cherché à faire passer durant la campagne des Européennes de juin dernier avec le Collectif Sauvons les Riches! Nous prônions le revenu maximum d’un montant de 30 fois le revenu médian, ce qui correspond en Europe à quelques 44 000 euros par mois, et concerne ainsi un peu plus de 0,9% des riches en France par exemple. Roosevelt l’a fait aux Etats-Unis au sortir de la Grande Dépression, en 1942, et aujourd’hui Obama ou le gouvernement des Pays-Bas tentent de mettre en place des mécanismes semblables.
Il s’agit donc maintenant de mettre en œuvre au niveau des institutions européennes le revenu maximum européen. Ce sera un travail de longue haleine, mais nous comptons bien initier le processus et inviter la société civile dans le débat politique.
Nous avons d’ores et déjà un rapport sur les politiques de rémunérations des dirigeants des grandes entreprises dans lequel nous comptons bien incorporer cette solution. C’est une première étape. On nous rétorquera que les plus riches quitteront l’espace européen, mais si parallèlement ma collègue Eva Joly et quelques autres portent l’estocade contre les paradis fiscaux, ils n’auront guère beaucoup de lieux où se réfugier.
Parallèlement à la bataille dans les institutions, nous devons continuer nos actions sur le terrain, pour que l’opinion publique soit de plus en plus favorable, ce qui est d’ailleurs de plus en plus le cas, à taxer les plus hauts revenus. Ce n’est pas une mesure anecdotique, car elle porte une charge symbolique immense pour réellement mener la bataille contre l’explosion des écarts de revenus et pour sauver la planète.
Gandhi avait bien raison, nous devons désormais nous armer d’outils pertinents, comme le revenu maximum, pour lutter contre l’avidité humaine.
Jean Drèze: « Toutes les économies sont aujourd’hui des économies violentes ».
Faire travailler syndicat et organisation gouvernementale pour qu’ils trouvent des solutions ensemble ne suffit pas. Tout ce qu’on a essayé de faire ces 100 dernières années. Cette économie violente continue à progresser. Toutes les organisations sont contre nous (les non-violents). Il faut qu’on discute.
Comment atteindre une économie non-violente?
Il ne faut pas oublier certains aspects fondamentaux comme l’alimentation, etc.. Lutter contre les inégalités.
Jeraid Joseph (Dignity international- Malaisie): Intervention sur la jeunesse, son rapport aux NTIC dont les blogs dont ils ont une utilisation très efficace. On doit parler des droits humains. On doit penser aux différents processus et leur donner du contenu. Comment peut-on promouvoir la culture de l’échange et de la solidarité? Partie importante de notre programme: participation à l’action commune qui va réunir les jeunes. Concept du Swaraj toujours pour décider de façon autonome ce qui est le mieux pour les jeunes.
Ali Serhouchni (Directeur de l’Institut des hautes études en management à Rabat): Depuis quelques années, on assiste à l’émergence de concepts tels que consensus, pacte social, entreprise citoyenne. + au niveau du discours que réellement assumé. Impression que ces différentes idées sont récupérées par la sphère politique sans être réellement intégrées dans la société. Pareil pour le concept d’entreprise citoyenne. Société versatile et approximative par rapport à certaines idées. Aujourd’hui certains commencent à enjoliver l’entreprise à travers le concept de citoyenneté. Tout le monde lie cette idée à la dimension morale et éthique des rapports humains. Concilier donc le côté peu scrupuleux de l’entreprise avec une image éthique. Prend-on cette orientation dans un but moral ou l’éthique comme nouvelle dimension managériale de l’entreprise? Sur le plan international, le sens de l’éthique est facteur de prospérité.
Jacky Blanc (directeur de la NEF): il y a trente ans quelques personnes ont créé en France un système d’entraide financière. Ce système a été créé pour de nouvelles activités alternatives bien souvent refusées par le système bancaire traditionnel. A cette époque c’était toute la filière bio, les projets communautaires, les associations culturelles, les 1ers projets d’énergies renouvelables. Ce qui avait un peu d’épargne prêtaient à ceux qui avaient un projet. Réinvention d’une banque, la NEF. Nom d’une forme de bateau utilisé par Christophe Colomb. Nouvelle économie fraternelle. Sur ce fondement que nous avons développé cette activité bancaire. Un des fondateurs disait: « il faut retourner comme un gant la main invisible du marché« . « Mon intérêt passe par le bonheur de l’autre » dixit Louis Campana. Transparence auprès de tous les épargnants des prêts que nous accordons. Notre seule raison d’être est la solidarité. Aujourd’hui nous sommes presque 30 000. Nous voyons arriver les nouveaux marginaux qui veulent inventer des initiatives nouvelles. En France, éco-habitat, commerce équitable ou encore tout ce qui concerne les terres agricoles. Demain nous serons presque 100 000 dans le cadre d’une banque européenne avec des amis italiens et espagnols. Pour lancer cette banque, nous avons travaillé ensemble dans trois langues pour créer un manifeste. Participation de tous les acteurs de la société civile qui veulent participer à une entraide non violente pour changer le monde; Personnes de plus en plus nombreuses et conscientes de leurs responsabilités sur les biens communs. Nous sommes beaucoup solliciter dans différents domaines, et notamment dans l’agriculture. En France, une ferme disparaît toutes les heures, parce que 60 000 hectares disparaissent chaque année sous le bitume. Urbanisation de plus en plus forte. De l’autre côté, 50 % des produits bios consommés en France sont importés. Nous avons donc créé une société par actions. Elle achète les terres pour les extraire de la spéculation et les céder à des agriculteurs bios bien souvent soutenus par un groupe de consommateurs. En deux ans, 7000 personnes ont acheté ces actions pour 15 millions d’euros. On peut regarder ces actes comme une résistance au système ultralibéral.
Après-midi: 2e visite du site de la catastrophe industrielle, avec l’ensemble de la délégation. Un cercle de deux minutes de silence est organisé sur place en hommage aux victimes:
Article détaillé sur le blog: http://ecologie.blogs.liberation.fr/euro-ecolos/
A lire ci-dessous:
Catastrophe de Bhopal : 25 ans après, un silence insoutenable
« Actuellement en déplacement à Bhopal, capitale du Madhya Pradesh, Etat du centre de l’Inde d’environ 70 millions d’habitants, dans le cadre d’un colloque international sur l’économie non violente1, nous avons visité ce 2 février le site de la catastrophe industrielle qui a endeuillé la ville dans la nuit du 3 décembre 1984.
En 1978, Union Carbide Corporation (UCC), multinationale américaine, construit une usine à Bhopal pour accompagner la «révolution verte» de l’Inde et produire deux pesticides, le Temik et le Sevin: 5000 tonnes par an, à base d’isocyanate de méthyle (MIC), dérivé du phosgène -ou «gaz moutarde»- utilisé comme arme chimique lors de la Première Guerre mondiale.
Ce produit extrêmement dangereux doit être réfrigéré à 0°, et en très petite quantité. Mais UCC ne prend aucune précaution. L’entreprise, alors déficitaire, fait des économies sur la prévention des risques. En 1982, un audit montre pourtant les dangers de cette usine. Pour économiser 37 dollars supplémentaires par jour, la direction prend notamment la décision d’arrêter la réfrigération du tank contenant le MIC.
Le 3 décembre 1984, un peu avant minuit, se produit alors le désastre: une fuite toxique d’une cinquantaine de tonnes d’isocyanate de méthyle et autres produits réactifs produisent un nuage toxique qui se disperse sur la ville encore endormie. 20.000 personnes meurent sur le coup et les jours suivants. Environ un demi-million d’habitants subissent dans les mois et les années qui suivent des effets néfastes sur leur santé.
Depuis 25 ans, cancers et mutations génétiques se multiplient dans la région de Bhopal: les habitants sont victimes des sols pollués et des nappes phréatiques gorgées de particules toxiques.
Les responsables toujours impunis
Pour cette catastrophe, Union Carbide Corporation a versé 470 millions de dollars d’indemnités (sans aucune obligation de réhabilitation du site) avec l’accord du gouvernement indien. 570.000 habitants ont touché en moyenne 500 dollars de compensation, pour toute leur vie. En comparaison, pour la catastrophe d’AZF en France, qui a fait 30 morts, Total a déboursé environ 2 milliards d’euros pour indemniser victimes et sinistrés. Une vie indienne à Bhopal vaut visiblement bien moins qu’une vie française.
La visite du site est bouleversante: ces hectares de terres laissés à l’abandon ont été réinvestis par des habitants des bidonvilles alentours, y faisant paître leurs chèvres et jouer leurs enfants. Pourtant aucune opération de décontamination n’a été entreprise depuis 1984. Ces enfants qui jouent pieds nus, aux milieux des ruines industrielles gorgées de gaz toxiques sont peut-être déjà condamnés.
Avec la délégation Inde du Parlement européen, nous avons déposé une déclaration écrite sur la catastrophe de Bhopal afin que le Parlement européen prenne une position claire sur cette affaire, en encourageant notamment la dépollution du site et la reconnaissance de la responsabilité de Dow Chemical, multinationale ayant racheté UCC en 2001 et dont le chiffre d’affaires était de 57 milliards de dollars en 2008.
Surtout que Dow Chemical cherche à implanter de nouvelles usines en Inde. Je compte bien tenter au maximum d’infléchir mes collègues de la délégation avec lesquels nous ferons une visite officielle du Sous-Continent en mai prochain. Ils ont prévu de voir l’«Inde qui brille», Pune et ses campus, Bangalore et ses entreprises de technologies hi-tech, etc.
Aller sur le site de la catastrophe de Bhopal et rencontrer les victimes leur fera prendre conscience de l’ampleur des injustices qu’ont subies les habitants de cette ville. Nous espérons pousser à une reconnaissance internationale de l’immense responsabilité d’Union Carbide, aujourd’hui Dow Chemical. Il est grand temps, 25 ans après, qu’ils payent pour les horreurs qu’ils ont provoquées.
Rappelons que Warren Anderson, PDG d’Union Carbide Corporation à l’époque, coule des jours de retraite paisibles près de New York. »
Retour au Gandhi Bhavan et plénière à 17h30:
Responsabilité de l’économie envers la société. Responsabilité des entreprises vers la société, un rôle social, une responsabilité sociale. Ces sociétés tirent leurs bénéfices de la population d’endroit, et cette population n’en tire aucun bénéfice. Les locaux restent toujours aussi pauvres, alors que beaucoup d’investissements sont fait pour les entreprises: il y un paradoxe.
« L’esprit d’entreprise ». Il est confisqué à l’ensemble des gens. Ce n’est pas seulement les entreprises internationales qui ont l’esprit d’entreprise, même les petits artisans mènent les entreprises indispensables localement.
Il y a un devoir des sociétés envers le social. Il ne faut pas forcement une alternative, mais plutôt un développement. Une entreprise internationale peut rendre un service social. 90% des gens sont atteint pas le capitalisme, on ne peut donc pas s’en passer, et continuer à travailler dans ce système afin de récolter des informations sur cette activité.
Deux disciples industriels de Gandhi, ces deux industriels: beaucoup d’industriels ont mis des institutions sociales. Il faut engager plus de travailleurs sur de tels projets, pour projet pour construire un projet pareil. Il y a des riches qui n’ont rien fait, mais nous pouvons nous même faire avancer tel projet. l’important est de jouer le rôle de gardien social, ce n’est pas impossible.
Une curatelle juridique et publique. Société d’affaires, il y a des sociétés où les dividendes ne vont pas aux actionnaires, mais à la société. D’autre vers les actionnaires. D’autre vers les paysans qui ont investi. Le mouvement coopératif est un bon exemple de terre collective. Les coopératives appartiennent à la communauté. Ce genre de modification s’effectue. Esprit de curatelle, de gardien de société.
Parole à la salle.
Confiscation du pouvoir du peuple et non pas application du pouvoir du peuple. Il faut cibler les institutions, et les personnes. M. Berthelot nous a appris comment définir le bien commun, mais il devrait être défini par ceux qui devraient en être les bénéficiaires. Dans le cadre de la non violence, danger des multinationales qui vont en Afrique, mais surtout le danger sont les armes qui brulent le continent.
Richard: nomme les responsables, l’OMC notamment. Non devons renforcer l’économie locale. Il n’y a rien à faire avec les multinationales et avec le commerce mondial. La somme qui sert à acheter des armes, si on la met dans l’éducation, on changera les choses en profondeur.
Jean-Joseph Boillot: que faire pour continuer à agir après ce colloque? Comment renforcer notre réseau dans le futur? Le monde d’aujourd’hui est moins violent qu’avant. Nous introduisons la démocratie pour encadrer le marché (il nous pète un câble?). Les gens doivent eux-mêmes s’organiser pour trouver leur bonne gouvernance. Les ressources appartiennent à qui? Pour moi en qu’économiste, c’est une question de propriété des ressources. Si vous regardez ce qui s’est passé dans la dernière décennie, la corruption a augmenté. Tout un développement sur le swadeshi. Si la communauté pense que l’usage de la machine est utile, elle va s’en servir. Sinon elle s’en passera. la tendance est de construire d’immenses mégalopoles qui déséquilibrent la loi de l’offre et de la demande. Voyons la Chine où les Chinois se déplacent des villages vers les grands centres urbains car il y a plus d’opportunités. Il faut garder l’équilibre entre économie et environnement. C’est la durabilité qui va jouer un rôle très important dans l’avenir. Est-ce qu’une société peut vivre sur le long terme en étant seulement dominée par le marché?
Aye Aye Win: a trouvé intéressantes les expériences concrètes. Réalité d’aujourd’hui nouvelle, modernisation, nouveau problème. L’esprit humain victime d’un certain système économique: ce constat est accepté par tous. La notion de progrès ne doit pas être réduite au développement, mais aussi à la justice. Si les campagnes avaient du travail, on ne verrait pas ces migrations vers les villes. Il ne faut pas que les expériences de non violence soient isolées, mais collectives afin d’être efficaces. Entreprendre des mesures pour l’économie rurale, des petites unités. Comment passer à une économie basée sur la justice et les droits de l’homme? Charte des responsabilités: nous devons en tant qu’individu assumer notre propre responsabilité.
Mercredi 3 février
Conclusions générales du colloque
Les injustices sont d’abord subies par les femmes, les jeunes. Espoir qu’un jour les femmes et les hommes soient réellement égaux. La sensation de responsabilité doit être partagée par tous. L’économie non violente, ce sont des entreprises sociales dont la coopération prime sur la compétition. Il faut renforcer les droits de l’homme. Obligation des entreprises envers le démunis et les défavorisés. Cette responsabilité est en nous même. Cette notion de responsabilité est décrite dans la Charte.
Rajagopal P.V. : Président d’Ekta Parishad
2011-2012: Une marche pour le changement:
« C’est la jeunesse qui va apporter un changement net dans la société. Jeunesse et pauvre, sont les bases pour le monde à construire, et lutter contre la corruption et l’exploitation. Le peuple doit avoir la gestion de l’Etat qui doit être fait. La majorité des gens sont indifférent, ils laissent faire. Ils restent dans le silence. Il ne faut pas pleurer qu’il n’y a pas d’espace démocratique, il faut utiliser tout ce qui est disponible; l’espace démocratique est disponible, utilisez le. Nous devons mettre en place un nouvel ordre mondial. Nous ne voulons pas être battu, ni aller en prison. Nous sommes prêts à faire un certain sacrifice individuel, ceux qui veulent changer le monde doivent être prêts à des sacrifices. Nous devons préparer une nouvelle échelle de contestation. Nous voulons former 6000 jeunes, 1500 leaders d’ici deux ans. Le travail a déjà commencé. 60 stages pour la formation des jeunes. Importance de la formation. En 2004, nous étions 25 000, la fois suivante 100 000. La dernière fois c’était 30 jours. Cette fois ça sera 6000 km de marche. Des centaines d’organisations à travers le monde nous soutiennent (3000 qui soutiennent la marche). On nous dit que le plus grand ennemi du monde c’est le terrorisme. Mais c’est surtout la détention du pouvoir par un petit nombre de gens. On a envoyé 25 000 lettres au 1er ministre de l’Inde, cette fois nous en enverrons 100 000. Beaucoup de solidarité venait de l’Europe, nous allons l’élargir à l’Asie du Sud Est. Avec des participants de la communauté internationale. Tous ces gens là unis, ça veut dire qu’il y a quelque chose derrière. Les hommes de pouvoir s’intéressent alors à ce qui se passe. Agir ensemble. Marcher ensemble. Nous avons eu une vie difficile, il faut que ça change. De sorte que nous puissions vivre dans nos villages avec nos ressources. Rendez nous nos villages, gardez vos villes! Vu que vous prenez nos villages, nous irons dans vos villes! L’Etat pourra être répressif, mais nous persisterons. Les zones franches, l’alcoolisme, les hôtels de luxe tuent. L’appel lancé est déjà pour commencer les préparatifs, les alliances. Il faut maintenir la pression. Il va y avoir un effet collectif. Nous sommes très inquiets par ce qui se passe en Inde, mais aussi en Amérique Latine, ou en France. En France, il y a énormément de pauvres qui font la queue pour avoir à manger, qui font les poubelles. L’injustice n’est pas seulement un problème indien. Nous devons engager les bons politiciens, les bons fonctionnaires ».
Etienne, de Gandhi international (photo, à gauche):
Lors de la marche de 2007. Il y a déjà une forte participation internationale. La France représenté par Terre des hommes et Gandhi international, peuple solidaire, etc. Nous passons à une autre échelle en 2012, parce que les problèmes demeures, en Inde les collectivités locales et administrations ne mettent pas en place ce qui a été voté, et les problèmes de famine, d’exclusion, continue. Dans l’esprit d’internationaliser la marche qu’a été créé Gandhi international. Propose objectif international.
Texte: « Objectif 2012 « ,
La marche responsabilise, crée des liens, et dans l’histoire de la non violence, la marche a un sens historique fort. Ex: chaine humaine entre la Défense et les quartiers défavorisé de Nanterre. Propose heure de silence.
Objectif: droit d’accès aux ressources naturelles (ressources naturelles, et non pas aux entreprises ou aux Etats), et supériorité du droit alimentaire sur celui du commerce.
Objection:
Karima Delli: « Reconnaitre les peuples (par leur savoir faire, leur histoire, leur mode de production, et type de production), et leur dignité.
Dominique Hays: veut ajouter les exemples d’incarnation de ces exemples utiles aux communautés locales. Donner à voir et à comprendre.
Aye Aye Win: « action de solidarité, en réseau à travers le monde. Permet de former des personnes. Soutien au mouvement de rénovation urbaine. »
Light Aganwa: « Jusqu’à 2012, nous allons faire des petites actions, et demander au gouvernement, des engagements pour permettre de lutter contrer la pauvreté et nous soutenir le processus de paix. Renforcer la non violence, l’égalité entre les sexes, donc travailler pour la paix. Nous allons engager nos partenaires régionaux avec Ekta Parishad. Nous allons former au moins 100 personnes à la non violence, et former les professeurs avec les techniques de la non violence, pour toucher une population la plus grande possible. Au soudan, pour l’agriculture, on va renforcer la formation en agriculture, et améliorer l’agriculture bio. Au niveau des institutions, renforcer la présence des femmes dans les instances ».
Ali Serhrouchni: « l faut un comité de pilotage, FAIRE AGIR ET réagir les politiques, des séminaires seront mis en place concernant la pauvreté. Au Maroc, il n’est pas possible d’organiser des manifestations. Les étudiants sont en des enfants qui viennent des classes des élites, donc il faut déjà les sensibiliser, afin d’influencer ces futurs décideurs. Une conférence a lieu sur le thème du droit des plus démunis et du partage des ressources. »
Après-midi du 3 février: Manifestation de quelques centaines de personnes dans les rues de Bhopal durant trois heures. Des centaines de villageois d’un peu partout au Madhya Pradesh se sont donnés rendez-vous au Gandhi Bhavan pour manifester au nom d’Ekta Parishad
Photos ci-contre:
Les 4 et 5 février, nous visitons un camp de jeunes d’Ekta Parishad, pour voir comment ils forment les futurs leaders des différentes communautés villageoises, de même qu’un village tribal aidé par EP:
Photos ci-dessous:
« Youth camp »
Villageois du Madhya Pradesh:
Le 6 février, retour à Delhi, et visite de l’Université Jawaharlal Nehru (photo), avant de reprendre l’avion pour Paris le 7 au matin:
























