Ad Spot

Ad SpotAd SpotAd SpotAd SpotAd SpotAd SpotAd Spot

Un procès en appel très politique pour les six de « Conti »

jeudi 14.01.2010, La Voix du Nord, à Amiens, par Olivier Berger

Face à la gare d’Amiens, un certain esprit de révolte souffle sous la neige. Ils sont un gros millier à venir défendre l’appel des six « Conti  » condamnés en première instance pour des dégradations à la sous-préfecture de Compiègne. Et parmi eux, beaucoup de visages politiques car c’est la teneur de ce procès emblématique des luttes syndicales.

On n’avait pas vu une telle union de la gauche depuis des lustres, peut-être la mobilisation contre le CPE en 2006. Au milieu des centaines d’ouvriers licenciés de Continental Clairoix (Oise), Marie-George Buffet converse avec Jean-Luc Mélenchon. Le leader du Front de gauche, comme les autres, est cité comme témoin. Oui, le procès en appel est politique. Mélenchon constate : « Notre pays a de la chance d’avoir des gens qui tiennent tête. Nous avons une vague de répression syndicale qu’on n’a pas connue depuis des années. » En marchant vers le palais de justice, on croise Nathalie Arthaud pour LO et Olivier Besancenot. Le porte-parole du NPA porte un plâtre et le bras en écharpe : « J’ai glissé sur un gendarme. » Benoît Hamon pour le PS brille par son absence à la manif du midi mais se présente, les pieds chauds, face à la barre. Qu’importe, l’ancien délégué syndical CGT de l’usine Continental, peut clamer : « Je m’en fous de ce qui m’arrivera ce soir. En voyant tous ces gens qui nous soutiennent, j’ai déjà gagné. » À voir.

Cécile Duflot donne le ton, suivie par ses verts Nordistes, le Lillois Dominique Plancke, la Tourquennoise et députée européenne d’Île-de-France, Karima Delli : « On ne répond pas à la désespérance sociale en tapant sur les gens, en leur faisant peur. »

En attendant, il y a un procès. Politique avec cet aréopage mais pas seulement, même si Besancenot argumente à la barre : « Il y a une politique de la part de l’État, de deux poids, deux mesures. On traîne rarement en justice les patrons voyous. La vraie violence est sociale. » S’il n’ignore pas le contexte dramatique, le président de la cour d’appel, Pierre Foucart, s’attache aux faits, ce 21 avril dans les locaux de la sous-préfecture de Compiègne. À ces vitres brisées, cette imprimante cassée, ces bureaux et ces ordinateurs renversés, ces papiers envolés. Un bémol, l’État s’est porté partie civile mais se dit incapable de chiffrer le préjudice.

Sursis requis

Les six « Conti » contestent. Ils étaient deux cents à l’intérieur et on se doute que le cri de colère (à l’annonce du rejet du référé contre le plan social) n’a pas été poussé par les seuls prévenus. Les preuves manquent malgré les images des télés.

L’avocat général requiert des peines avec sursis (deux mois pour Nathalie Herbin, Gérard Keromest, Bruno Levert, trois à quatre mois pour Saci Ben Yaya et Franck Tourneux, quatre à cinq mois pour Xavier Mathieu), mais précise ne pas vouloir s’opposer à des peines d’intérêt général. « Leur lutte était respectable, même si leurs actes ne l’étaient pas », reconnaît Pierre Avignon.

Me Dufresnes-Castets, pour la défense, réclame la relaxe : « Il suffisait d’être là pour être coupable. » L’affaire a été mise en délibéré au 5 février. •

Laisser une réponse

Ad Spot

Copyright©karimadelli.com

rss Entrées Blog Commentaires