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Enfants d’immigrés, l’école leur a appris à aimer les valeurs de la République

LE MONDE | 15.12.09

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Karima Delli, députée européenne, membre des collectifs Jeudi noir et Sauvons les riches.

Aller à l’école était un bonheur. C’était le lieu de la connaissance. C’était d’autant plus important, que mes parents ne savaient ni lire ni écrire. Mes copains étaient d’origines multiples. Il y avait des différences sociales et culturelles. Cela n’a jamais été un problème. Au contraire, j’ai appris là que les différences et les identités multiples étaient sources d’enrichissement. J’ai eu la chance de tomber sur des enseignants formidables qui nous faisaient confiance et nous poussaient à la solidarité : le bon en dictée expliquait leurs fautes à ceux qui en faisaient beaucoup. En instruction civique, nous abordions la citoyenneté et cela renvoyait à la finalité de l’école dans la société démocratique. L’acquisition de ces valeurs, je les dois à l’école et à d’autres engagements et d’autres pratiques. Par exemple, j’ai animé des centres aérés. Mon identité a évolué. Je n’aime pas le mot nation. Je préfère solidarité, fraternité. Je me reconnais dans des communautés de destins, faites de toutes sortes d’appartenances. Tout cela est sans doute à la source de mes engagements actuels. La conclusion que j’en tire ? Il faut reconnaître et valoriser le métier d’enseignant. »

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