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Un casse-tête opaque

DNA.

Les dirigeants de l’Union se retrouvent aujourd’hui à Bruxelles pour désigner le premier président stable du Conseil européen et le Haut représentant pour la politique étrangère. Ce ne sera pas simple.

BRUSSELS-EU-WOMEN-DEMO-INSTITUTIONS

Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE semblent condamnés à un marathon pour s’entendre sur les oiseaux rares qui présideront et porteront la parole de l’Europe. Ce conclave semblait une formalité après la ratification du traité de Lisbonne -qui a créé le poste de président- par le président tchèque Vaclav Klaus ; il s’annonce compliqué. « Aurons-nous les nouveaux visages de l’Europe jeudi soir ? Franchement, je ne sais pas », a reconnu le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt.

Gauche-droite, homme-
femme, grand-petit pays…

Le Premier ministre belge, Herman Van Rompuy, est toujours favori pour la présidence, face, entre autres, au Luxembourgeois Jean-Claude Juncker et au Britannique Tony Blair, ardemment soutenu par Londres. D’autres noms sont apparus comme celui de l’ex-présidente lettone Vaira Vike-Freiberga, 71 ans, qui surfe sur la vague « féministe » qui a déferlé ces derniers jours à Bruxelles.
La confusion est encore plus grande au sujet du Haut représentant, qui sera de facto vice-président de la Commission européenne. Le chef de la diplomatie britannique, David Miliband, s’est ainsi retiré mais son nom continue de circuler.
Une des difficultés de la présidence suédoise est de contenter tout le monde. Il faut répondre à des critères « gauche-droite, grands et petits pays, homme ou femme et le point d’équilibre est difficile », a admis M. Reinfeldt.
Il n’est pas exclu que le sommet se prolonge demain matin. En cas d’absence de consensus, les chefs d’Etat et de gouvernement européens pourraient désigner le président et le Haut représentant à la majorité qualifiée, un système compliqué où chaque pays dispose d’un certain nombre voix en fonction de sa taille et de sa population.
Au final la confusion autour des candidats, la stratégie « masquée » de certains et le caractère secret des négociations, dignes de la désignation des papes par les cardinaux à Rome, ont suscité de nombreuses critiques. La Pologne a proposé une audition des candidats devant les dirigeants européens pour trancher. Une idée qui a peu de chance d’aboutir.

Édition du Jeu 19 nov. 2009

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