Logement : « ça n’va pas bien, madame la Marquise. »
COMMUNIQUÉ DE PRESSE, Dimanche 1er novembre, 18h

Karima Delli, Députée européenne et membre de Jeudi noir a célébré samedi soir la date officielle de la trêve des expulsions locatives place des Vosges, à Paris en soutenant la réquisition d’un hôtel particulier du XVIIe siècle.
Arrivée vers 19h sur place entourée de plusieurs membres du collectif des « galériens du logement » Jeudi noir, dont Julien Bayou, la députée européenne voulait rappeler qu’elle ne « laissera pas cette question stagner dans les couloirs ministériels. »
« Les copains de Jeudi noir ont encore mis les pieds dans le plat, le bon jour au bon endroit »… « Avec d’autres collectifs, nous voulons donner le signal de la mobilisation, en ce jour de trêve hivernale… Nous sommes ici pour montrer que dans ce contexte de crise, des gens se bougent. Et nous continuerons, tant que le gouvernement ne fera rien. »
Visitant le lieu de naissance de Madame de Sévigné, détenu par une société civile immobilière et inoccupé depuis 44 ans, elle constate l’aberration des logements vides : « Comment peut-on laisser un bâtiment pareil vide depuis plus de 40 ans dans un quartier pareil ? On voit bien qu’il s’agit de logiques qui n’ont rien à voir avec l’économie ; c’est de l’incompétence de la SCI propriétaire et de l’irresponsabilité de l’Etat, … et ça devient criminel, à l’heure où la crise frappe des centaines de milliers personnes…
Franchement, ça ne va pas bien, madame la Marquise !… Pas bien du tout ! »
Revenant sur les reculs récents du ministère de M. Apparu, elle estime que « Le Gouvernement doit très vite revoir sa politique du logement. Sinon, on devra le faire pour lui… En réquisitionnant d’autres lieux pour répondre à l’urgence. »
Et pour ceux qui l’auraient oublié, Karima Delli rappelle « que le Président de la République avait promis qu’en 2009, il n’y aurait plus personne à la rue… C’est l’inverse qui est fait : il y a en a de plus en plus, chaque jour. »
« A l’heure où la Fondation Abbé Pierre nous rappelle que 100 000 jugements d’expulsion ont été prononcés depuis le début de l’année, et qu’on voit des centaines de milliers de chômeurs en plus… On est forcés de constater que 2009 est une année noire pour les mal-logés et ceux qui sont dehors… »
« Des mesures existent ! Pourquoi n’applique t-on pas les lois sur la réquisition ? Pourquoi il n’y a pas de régulation des loyers ?… Au lieu de cela, le gouvernement fait la pire politique du logement possible, en privilégiant la spéculation et en construisant moins de logement sociaux que jamais… »
Et, pour se remettre dans l’ambiance de l’époque du bâtiment, la jeune députée déclare : « Nous sommes ici par la volonté du peuple des mal-logés. Et nous n’en sortirons que… pour laisser la place à des travaux de réhabilitation… » Et d’ajouter : « Si elle avait vécu aujourd’hui, je suis sûre que la Marquise de Sévigné, au lieu d’écrire une de ses fameuses lettres, aurait demandé au Roi une lettre de cachet pour que le Ministre Apparu soit enfermé à la Bastille pour incompétence ! Au moins il y aurait été logé, lui ! ».


























