Merci
Merci à toutes les copines et à tous les copains qui, par leurs actions, leur engagement et leur vote de dimanche ont permis d’envoyer au Parlement européen quatre députés issus de la liste Europe Ecologie en Ile de France, Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly, Pascal Canfin et moi-même, Karima Delli, 30 ans, une des benjamines de la nouvelle assemblée. C’est un extraordinaire cadeau que vous me faîtes là et j’en prends progressivement toute la mesure.
La France s’est réveillée en vert hier matin, et c’est un immense espoir que toute une partie de notre population prenne enfin conscience de l’urgence de mettre l’écologie au cœur du champ politique. On ne pourra désormais plus compter sans les écologistes. Mais au-delà de ce constat, ces élections européennes sont inquiétantes à deux égards : d’abord un taux d’abstention historique de 57,06 % à l’échelle européenne, le plus fort taux jamais enregistré depuis l’élection du Parlement européen au suffrage universel en 1979 ; ensuite des résultats qui confirment partout en Europe une victoire des droites qui, si elles additionnent leurs sièges, comptent 410 eurodéputés soit largement la majorité absolue. Alors qu’ils sont en grande partie responsables de la crise actuelle, une bonne partie des conservateurs se retrouve confortée dans ses choix libéraux. Il va donc falloir se battre comme jamais pour défendre une autre Europe, sociale, écologique, altermondialiste et réconciliée avec des citoyens qui boudent de plus en plus les urnes. Et 52 eurodéputés Verts, dont je ferai désormais partie, ne seront pas de trop.
Mais pour réconcilier l’Europe avec les citoyens, il va falloir faire de la pédagogie. Attention, pas de la pédagogie comme l’entendent bien trop souvent nos élites européennes, qui reviennent tous les cinq ans pour expliquer au bon peuple le « Bruxelles pour les nuls » tandis qu’il se sert la ceinture. Non, plutôt le contraire, une pédagogie qui se charge d’aller expliquer à Strasbourg et à Bruxelles ce que c’est de vivre aujourd’hui en France avec un Smic, un RMI ou maintenant un RMA. Parce que c’est ça finalement que je voulais vous dire, que ce n’est pas parce que vous m’envoyez aujourd’hui au Parlement européen que je vais vous oublier, bien au contraire. Galériens du logement, jeunes stagiaires, chômeurs, malades, intermittents du spectacle, victimes des OGM, précaires en tous genres d’hier et d’aujourd’hui, toutes celles et ceux que j’ai croisés au sein des divers collectifs dans lesquels je me suis battue (Jeudi Noir, la France qui se lève tôt, Jeunesse sans OGM, Sauvons les Riches, les Jeunes Verts, la Zone d’écologie Populaire, etc.), non seulement vous avez désormais une représentante au Parlement européen, mais qui compte bien continuer à venir militer avec vous et à vous inviter régulièrement au pays des frites ou de la choucroute.
Celles et ceux qui me connaissent savent pertinemment que je ne vais pas me transformer en technocrate bruxelloise du jour au lendemain. Militante je suis, militante je resterai. Parce que je tiens particulièrement à cœur de porter au sein des institutions européennes le message d’une écologie populaire, altermondialiste, proche de nos quartiers populaires près desquels j’ai grandi, dans lesquels je milite et dans lesquels l’abstention a malheureusement battu dimanche un nouveau record. On ne va tout de même pas danser sur les ruines d’une démocratie européenne moribonde. J’espère simplement, et je ferai tout pour cela, ce n’est pas l’énergie qui me manque, qu’à mon humble niveau je contribuerai à rapprocher cette Europe trop souvent à des milliers de km des préoccupations quotidiennes alors qu’elle gère les principaux mécanismes juridiques et politiques qui encadrent nos vies et que je ferai entendre notre voix au sein du Parlement.
C’est pourquoi aujourd’hui j’ai envie de vous inviter à faire la fête, pour se remotiver, pour continuer le combat, pour continuer à « sauver des riches » notamment, et pour préparer une entrée en fanfare au Parlement européen.
Merci encore et bravo à nous.
« Ca Wa Point à pit ?! » spéciale dédicace à Julien
Karima, 9 juin 2009























